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Les approches programmatiques du CSC

Intégration du changement social et comportemental (SBC) dans les politiques climatiques axées sur les personnes

Guide de l’UNICEF pour l’intégration du changement social et comportemental dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN).

Introduction

Que sont les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) ?

Les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) sont des documents clés dans le cadre de l'Accord de Paris de 2015, définissant les engagements de chaque pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et s'adapter aux impacts du changement climatique. L'Accord de Paris exige que les nations soumettent des CDN mises à jour tous les cinq ans, garantissant ainsi que ces engagements évoluent, reflètent l'ambition la plus élevée possible et démontrent des progrès mesurables.
Les gouvernements sont encouragés à soumettre des CDN de plus en plus ambitieuses afin d’accélérer l’action climatique et de débloquer des financements à grande échelle pour les efforts d’atténuation et d’adaptation. Avec l’échéance des CDN 3.0 prévue en 2025, cette troisième génération de stratégies climatiques nationales constitue une occasion cruciale d’intégrer les voix, les droits et les besoins spécifiques des enfants et des jeunes dans les politiques climatiques nationales. Moins de la moitié des CDN prennent en compte les enfants et les jeunes, et deux CDN sur cinq n’abordent pas les vulnérabilités climatiques uniques des enfants et des jeunes dans les secteurs sociaux essentiels à leur bien-être.
L’UNICEF souligne que ce moment est décisif et encourage les Parties à soumettre des CDN concrètes qui non seulement font progresser les objectifs climatiques et tracent une voie claire pour limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 °C, mais qui prennent également en compte les vulnérabilités spécifiques des enfants et des jeunes, qui sont touchés de manière disproportionnée par le changement climatique. De plus, l’UNICEF collabore avec des partenaires clés pour garantir l’intégration des secteurs sensibles au climat dans les plans nationaux, adoptant ainsi une approche holistique qui répond aux besoins des populations les plus vulnérables, y compris les enfants et les jeunes.
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Pour soutenir ce processus, l’UNICEF a développé :
  • Guide interne : Comment créer des politiques climatiques et environnementales plus sensibles aux enfants – Guide de l’UNICEF pour analyser et améliorer la prise en compte des enfants dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et autres politiques climatiques. (Document interne - SharePoint – disponible en anglais uniquement)
  • Boîte à outils externeDes CDN sensibles aux enfants et aux jeunes – Guide pour l’élaboration de Contributions Déterminées au niveau National en collaboration avec les enfants et les jeunes. (Document externe - disponible en français)
  • Plateforme de données CDN pour chaque enfantPlateforme de données - disponible en anglais et en espagnol.
  • Guide pour les jeunesLivret à destination des jeunes sur les Contributions Déterminées au niveau National : conseils pratiques pour le plaidoyer et l’action en matière de politique climatique(Document destiné aux jeunes - disponible en français.
Le rôle du changement social et comportemental dans les CDN axés sur les personnes

Intégrer une perspective de changement social et comportemental (SBC) dans les CDN est essentiel pour élaborer des politiques climatiques qui soient non seulement durables sur le plan environnemental, mais aussi équitables sur le plan social et largement soutenues. Les CDN axés sur les personnes mettent l'accent sur l'équité, l'engagement de la société civile et des communautés, ainsi que sur la pertinence pratique, garantissant que les voix des populations vulnérables et marginalisées soient prises en compte dans les décisions qui affectent leur vie.

Les approches SBC jouent un rôle transformateur pour :

  • Favoriser l’adhésion et l’appropriation du public : Renforcer la sensibilisation, l’engagement et l’action collective pour des initiatives climatiques ambitieuses grâce à des approches participatives et à la mobilisation communautaire.
  • Encourager les comportements pro-environnementaux et l’adaptation menée par les communautés : Promouvoir des pratiques durables à l’échelle individuelle et communautaire en approfondissant la compréhension des risques climatiques et en favorisant l’évolution des normes et comportements sociaux.
  • Renforcer l’efficacité des politiques : Veiller à ce que les politiques soient culturellement et contextuellement adaptées pour une mise en œuvre plus efficace.

En prenant en compte les moteurs comportementaux, les contextes culturels et les barrières socio-économiques, les stratégies SBC rendent les politiques environnementales plus concrètes et durables. L’adhésion du public est essentielle pour parvenir aux changements systémiques nécessaires à la lutte contre la crise planétaire. En autonomisant les communautés pour qu’elles deviennent des acteurs actifs de l’action climatique, on favorise la résilience et assure des résultats durables.

Considérations techniques clés pour appliquer une approche SBC :

  • Équité et inclusion: Veiller à ce que les interventions climatiques donnent la priorité aux populations fragiles et marginalisées, y compris les communautés ethniques, raciales, LGBTQ+, autochtones, ainsi que les réfugiés et migrants climatiques. Une attention particulière doit être accordée aux personnes vivant dans des bidonvilles et des établissements informels, avec un focus spécifique sur les femmes et les filles dans une approche intersectionnelle.
  • Perspectives comportementales: Utiliser des approches fondées sur des données probantes pour concevoir des politiques prenant en compte la réalité quotidienne des individus et leurs modes de prise de décision, afin d’encourager efficacement les comportements pro-environnementaux.
  • Mise en œuvre localisée: Adapter les interventions en s’appuyant sur les forces et ressources des communautés à travers des actions collectives menées localement, en abordant les comportements et barrières spécifiques à chaque communauté pour améliorer l’appropriation et l’adhésion.
  • Résilience communautaire: Renforcer les capacités locales en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique (par exemple, à travers des initiatives de développement de quartiers durables favorisant la résilience et la durabilité à l’échelle locale), en intégrant les connaissances scientifiques aux savoirs locaux pour proposer des solutions efficaces et adaptées au contexte.
  • Autonomisation des communautés: Accroître la capacité des communautés à négocier des contrats sociaux pour les projets réalisés dans leur environnement naturel, en garantissant la transparence, la responsabilité et la collaboration avec les entités publiques et privées, tout en veillant à ce que les projets bénéficient à la fois aux communautés et à l’environnement.
  • Changement systémique: S’attaquer aux obstacles structurels à travers des réformes politiques et des régulations du marché pour soutenir et maintenir le changement social et comportemental sur le long terme.
  • Autonomisation des jeunes et des enfants: Encourager les jeunes et les enfants à développer des solutions innovantes et locales pour relever les défis communautaires, promouvoir le développement durable et renforcer la résilience. Cette approche favorise le leadership et la participation active dans la création d’un changement positif.                                    

En intégrant une perspective SBC dans les CDN, les gouvernements peuvent élaborer des politiques climatiques inclusives, impactantes et transformatrices qui répondent aux besoins des populations diverses tout en garantissant un avenir durable pour tous.

Quel est l’objectif de ce document ?

Ce document vise à fournir des orientations pour intégrer des perspectives, des objectifs et des stratégies centrés sur les populations dans la révision des CDN en vue de la soumission des CDN 3.0 en 2025. Il inclut des ressources clés pour aider les parties prenantes à élaborer des CDN fondées sur les sciences comportementales et les principes d’équité sociale.

À qui s’adresse ce document ?

Ce guide est destiné à toutes les personnes impliquées dans le processus d’élaboration des CDN souhaitant rendre ces contributions plus centrées sur les populations. Il s’adresse principalement aux collègues de l’UNICEF dans les bureaux de pays (par exemple, le personnel chargé du Changement Social et Comportemental - SBC, les experts en Climat, Environnement, Énergie et Réduction des Risques de Catastrophe - CEED, ainsi que les équipes sectorielles comme celles de l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène - WASH), ainsi qu’à l’équipe de Politique Sociale, entre autres. Il est également destiné à tout partenaire externe poursuivant des objectifs similaires.

Intégration du Changement Social et Comportemental dans les CDN
  1. Votre CDN est-elle centrée sur les populations ?
  • Analyser les CDN actuelles : Consultez les dernières soumissions via le registre des CDN de la CCNUCC et la plateforme du Partenariat pour les CDN.
  • Évaluer les caractéristiques clés d’inclusivité : Identifiez les approches participatives, les méthodologies communautaires, l’implication des groupes marginalisés, les mécanismes de responsabilité sociale (y compris les systèmes de retour d’information) et l’intégration des savoirs locaux et autochtones.   
  • Alignement avec les sciences comportementales (BeSci) : Assurez-vous que les actions proposées s’appuient sur les sciences comportementales pour des politiques climatiques efficaces. Consultez les recherches en sciences comportementales sur l’atténuation (liens internes et externe) et l’adaptation (liens internes et externes).
  • Identifier les normes sociales : Évaluez comment les normes existantes influencent les comportements publics et l’acceptation des politiques climatiques.
  1. Votre CDN doit-elle être renforcée ?
  • Évaluer les échéances : Déterminez si des mises à jour sont nécessaires en fonction du cycle de révision quinquennal.
  • Vérifier les plans de révision : Confirmez l’intention de réviser et de soumettre les CDN via les outils de suivi officiels et les mises à jour nationales.
  1. Y a-t-il un espace pour les contributions SBC ?
  • Identifier les points d’entrée :
    • Constituez un groupe de travail au sein de l’UNICEF en engageant des points focaux nationaux des CDN, des agences des Nations Unies, ainsi que les collègues de l’UNICEF en CEED, SBC et secteurs clés pour évaluer les opportunités de collaboration.
    • Identifiez des champions des approches centrées sur les populations.
  • Favoriser des dialogues stratégiques :
    • Collaborez avec le Partenariat pour les CDN et les principales parties prenantes pour intégrer des éléments SBC dans les révisions en cours.
    • Consultez les onglets CDN du SCAP Policy Engagement Tracker de l’UNICEF pour obtenir une vue d’ensemble du travail des bureaux de pays sur les CDN.
    • En coordination avec le point focal CDN du bureau de pays, consultez le point focal du Partenariat pour les CDN pour suivre l’état du processus, les échéances de soumission et l’ouverture aux contributions SBC.
  • Où la SBC peut-elle contribuer ?
  • Identifier les lacunes : Repérez les domaines dans les CDN existantes qui manquent d’une approche centrée sur les populations ou les secteurs à fort impact qui bénéficieraient de meilleures interventions sociales et comportementales.
  • Évaluer les mécanismes de participation communautaire : Analysez l’existence et la qualité des mécanismes permettant aux communautés de participer aux initiatives climatiques locales, y compris celles ayant des impacts potentiellement négatifs.
  • Proposer des interventions ciblées : Plaidez pour l’intégration de mécanismes participatifs et de responsabilité sociale, d’actions dirigées par les communautés et d’interventions centrées sur les populations basées sur les sciences comportementales.
  • Promouvoir une analyse systémique : Cartographiez les obstacles et incitations au changement social et comportemental dans le cadre des CDN, y compris le mapping des parties prenantes issues de différentes communautés.

    Identifier les points d’entrée : Constituer un groupe de travail au sein de l’UNICEF en engageant les points focaux nationaux pour les CDN, les agences des Nations Unies, ainsi que les collègues de l’UNICEF au CEED, en SBC et dans les secteurs concernés afin d’évaluer les opportunités de collaboration. Identifier des champions pour les approches centrées sur les personnes.
     

    Comment concevoir une CDN intégrant l’approche SBC ?
  1. Identifier les domaines prioritaires :
    1. Cartographier les vulnérabilités climatiques existantes et leurs dimensions comportementales dans les différents secteurs, en prenant en compte les différences selon le genre, l’âge et le niveau de revenu des populations. Cela permettra une compréhension approfondie des impacts du changement climatique sur divers groupes et de leurs besoins spécifiques. Lorsque cela est possible, une segmentation plus fine (statut de handicap, appartenance ethnique, localisation géographique) peut offrir des perspectives plus détaillées pour des interventions ciblées.
    2. Identifier les domaines où l’approche SBC pourrait avoir le plus grand impact sur les objectifs des CDN.
    3. Évaluer les communautés les plus touchées par les impacts climatiques et leur niveau de préparation au changement – vous pouvez vous référer à l’approche SBC pour les CLACs (lien interne) pour une analyse détaillée des différentes communautés.
  2. Collecter les données et preuves existantes:
    1. Examiner les enseignements comportementaux tirés des programmes et interventions climatiques précédents.
    2. Analyser les recherches sociales sur les attitudes des communautés envers l’action climatique.
    3. Recueillir des données ventilées sur les défis et besoins spécifiques des groupes vulnérables.
    4. Documenter les initiatives climatiques menées par les communautés et identifier leurs facteurs de succès.
    5. Cartographier les savoirs traditionnels et ancestraux qui favorisent la résilience climatique.
    6. Identifier les lacunes en matière de preuves comportementales nécessitant des recherches supplémentaires.
  3. Vérifier les orientations existantes :
    1. Consulter les directives de l’UNICEF sur l’approche SBC et le climat (liens interne et externe) ainsi que les meilleures pratiques pour l’engagement communautaire, en particulier auprès des groupes marginalisés.
    2. Examiner les ressources externes disponibles sur la contribution de l’approche SBC aux CDN et aux initiatives climatiques plus larges.
    3. Étudier comment d’autres pays ont intégré l’approche SBC dans leurs CDN.
  4. Rechercher des conseils et du soutien :
    1. Solliciter les points focaux SBC régionaux et ceux du siège de l’UNICEF pour des conseils et un accompagnement.
    2. Consulter les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les organisations locales engagés dans l’action climatique.
    3. Établir des partenariats avec des institutions académiques étudiant le changement de comportement lié au climat.
  5. Promouvoir l’inclusion :
    1. Cartographier les processus nationaux afin d’identifier des opportunités d’engagement accru de la société civile et des partenaires.
    2. Organiser des ateliers et des sessions de formation pour renforcer les capacités des partenaires et des communautés à participer au processus de révision des CDN.
    3. Mettre en place des boucles de rétroaction afin que les communautés puissent voir comment leurs contributions influencent l’élaboration des CDN.
    4. Engager des plateformes spécifiques aux jeunes, aux personnes en situation de handicap et aux autres groupes marginalisés afin de garantir la reconnaissance et l’intégration de leurs voix.
  6. Processus de rédaction :
    1. Constituer une équipe de rédaction participative incluant des représentants de la société civile et des communautés.
    2. Définir des critères clairs pour intégrer les connaissances comportementales dans chaque composante des CDN.
    3. Mettre en place des mécanismes de retour d’information pour assurer une participation continue des communautés.
    4. Inclure des objectifs SBC spécifiques et mesurables dans les engagements des CDN.
    5. Veiller à ce que le langage et le format soient accessibles à toutes les parties prenantes.
Intégration des stratégies de changement social et comportemental dans les secteurs des CDN

 L'analyse sectorielle suivante des Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) est répartie selon les principaux secteurs généralement abordés dans ces documents : agriculture, éducation, énergie, environnement, financement, santé, industrie, transport, ressources en eau et assainissement, aménagement urbain et villes, et gestion des déchets.

Nous adoptons ici une perspective de changement social et comportemental afin d’identifier et de proposer des mesures spécifiques pour chaque secteur. Ces mesures visent non seulement à contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, mais aussi à favoriser des transformations durables aux niveaux individuel et collectif.

L’approche SBC cherche à encourager la participation active des communautés, à promouvoir des comportements pro-environnementaux et à garantir que les politiques et stratégies climatiques soient inclusives, efficaces et alignées avec les réalités sociales et culturelles des populations vulnérables.

AGRICULTURE

Le changement climatique a un impact sévère sur l'agriculture et les systèmes alimentaires, en particulier dans les régions les plus vulnérables, où les sécheresses, les inondations et les événements météorologiques extrêmes perturbent les rendements agricoles, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des agriculteurs. Alors que le climat évolue, les pratiques agricoles doivent se transformer pour devenir plus résilientes, durables et à faible émission de carbone (FAO, 2021). Cela est essentiel pour que l'agriculture et les systèmes alimentaires produisent une alimentation nutritive, sûre, abordable et durable pour les enfants, contribuant ainsi à protéger leur croissance et leur développement. 

Agriculture
© UNICEF/ECU/2021/Vega

 

Les stratégies de changement social et comportemental (SBC) sont essentielles pour la transition vers des pratiques agricoles durables et adaptées au climat afin de protéger la nutrition des enfants et la planète. Mobiliser les agriculteurs et les communautés rurales pour concevoir de nouvelles pratiques ou redécouvrir la valeur des pratiques traditionnelles, adopter de nouvelles technologies, méthodes de culture et approches de gestion est crucial pour renforcer la résilience climatique des systèmes agroalimentaires. Ces stratégies renforcent non seulement la sécurité alimentaire et nutritionnelle, mais elles garantissent également la durabilité des systèmes alimentaires face à l’incertitude climatique croissante. De plus, elles contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l'amélioration de l'efficacité de l'utilisation de l'eau et à la protection de la biodiversité. Pour s’adapter efficacement au changement climatique et en atténuer les effets, les individus et les communautés doivent modifier leurs comportements actuels et adopter de nouvelles pratiques en matière de sources d’énergie, d’occupation des sols, de techniques agricoles et de gestion des ressources naturelles (The Compass for SBC, 2022).
Dans le secteur agricole, le SBC implique également de travailler avec les communautés locales pour créer les conditions favorables à l’adoption réussie de pratiques résilientes au climat, telles que l'agroécologie et l'agriculture régénérative. Ces pratiques contribuent à la fois à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique tout en renforçant la sécurité alimentaire, la santé environnementale et le bien-être des enfants et de leurs communautés (PNUE, 2020).
Exemples de Mesures Proposées dans le Secteur Agricole avec une Approche SBC :

  • Adoption de Pratiques Agricoles Durables et Résilientes au Climat : Les programmes de vulgarisation agricole peuvent encourager l’adoption de pratiques adaptées au climat, telles que la rotation des cultures, les cultures résistantes à la sécheresse et les systèmes agroforestiers. Ces initiatives doivent être conçues, mises en œuvre, testées et suivies en collaboration avec les communautés rurales elles-mêmes, en évitant les approches descendantes et purement expertes qui ont prévalu lors de la révolution agricole.
  • Encourager une Utilisation Efficace de l’Eau en Agriculture : L’usage rationnel de l’eau est essentiel, en particulier dans les zones sujettes aux sécheresses. Les programmes de SBC peuvent mobiliser et impliquer les agriculteurs et leurs organisations dans la conception de systèmes collectifs de gestion de l’eau, de techniques d’irrigation efficaces et promouvoir des technologies permettant d’optimiser la consommation d’eau.
  • Adoption de Technologies Propres en Agriculture : Les technologies favorisant une agriculture plus propre, telles que l’énergie renouvelable pour l’irrigation et des équipements agricoles plus efficaces, peuvent réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Des programmes de sensibilisation et de formation peuvent aider les agriculteurs à adopter ces technologies de manière rentable. Les approches participatives permettent de co-concevoir de nouvelles pratiques, de tester leur pertinence dans le contexte local, d’identifier les conditions de réussite et d’intégrer l’expertise des agriculteurs pour construire des systèmes plus durables.
  • Co-conception de la Diversification des Cultures comme Stratégie d’Adaptation : Dans les régions vulnérables aux événements climatiques extrêmes, la diversification des cultures est essentielle pour réduire les risques et renforcer la sécurité alimentaire. Le SBC peut accompagner les agriculteurs vers l’adoption d’un mélange de cultures adaptées aux conditions climatiques locales, culturellement acceptables et répondant aux préférences des consommateurs, comme les plantes tolérantes à la sécheresse et aux inondations.
  • Adoption de Pratiques Favorisant une Plus Grande Biodiversité en Agriculture : La biodiversité dans les systèmes agricoles améliore la résilience des cultures face aux ravageurs et aux maladies, maintient la fertilité des sols, contribue à la stabilisation du climat et préserve les ressources naturelles et les écosystèmes. Le SBC peut mobiliser les populations rurales et les organisations communautaires dans des initiatives axées sur la biodiversité agricole, en créant les conditions favorables à l’adoption de pratiques telles que la conservation des habitats, la plantation de cultures indigènes et l’intégration des plantes et des animaux pour soutenir l’équilibre écologique.
  • Intégration des Connaissances Autochtones dans la Gestion Agricole Intelligente face au Climat : Les communautés autochtones possèdent des savoirs précieux sur les pratiques agricoles durables et résilientes au climat, notamment l’utilisation de cultures indigènes, les polycultures et les techniques de gestion des sols. Les programmes de SBC peuvent promouvoir la redécouverte, la préservation et l’intégration de ces connaissances avec les technologies modernes, renforçant ainsi l’identité culturelle et améliorant l’efficacité des stratégies d’adaptation et d’atténuation dans leurs territoires.
                                           
ÉDUCATION 

Le secteur de l’éducation est particulièrement vulnérable aux événements météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les inondations et les tempêtes, qui perturbent l’apprentissage, endommagent les infrastructures et compromettent le bien-être et la sécurité des élèves. Pour relever ces défis, les stratégies de SBC peuvent transformer la manière dont les écoles, les élèves et les communautés perçoivent et réagissent aux risques climatiques. Cela implique de renforcer la résilience par des changements de comportement et des actions collectives qui privilégient la sensibilisation aux risques climatiques, la préparation et l’adaptation, garantissant ainsi un environnement éducatif sûr et continu.
Selon la Banque mondiale (2021), les événements climatiques extrêmes ont déjà perturbé l’éducation de millions d’enfants, notamment dans les régions vulnérables où les ressources sont limitées. Ces perturbations touchent de manière disproportionnée les communautés marginalisées, accentuant les inégalités éducatives. Les stratégies de SBC sont essentielles pour lutter contre ces disparités en intégrant le changement climatique et le développement durable dans les programmes scolaires, en favorisant la participation active et en utilisant l’éducation par les pairs pour encourager les élèves à mener des actions climatiques au sein de leurs écoles et communautés.
L’UNESCO (2023) souligne que l’intégration de l’éducation au climat dans les programmes scolaires est cruciale pour permettre aux communautés d’atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter. Cependant, seuls 53 % des programmes scolaires dans le monde abordent actuellement le changement climatique, laissant de nombreux jeunes sans les connaissances et compétences nécessaires pour participer efficacement à l’action climatique. Il est donc essentiel de faire de l’éducation au climat un élément central des politiques et plans éducatifs. Les stratégies de SBC peuvent combler cette lacune en intégrant l’action climatique dans tous les aspects de l’éducation, des programmes scolaires aux projets en milieu scolaire et aux actions de sensibilisation communautaire.
De plus, les événements météorologiques extrêmes – vagues de chaleur, tempêtes violentes, inondations et incendies – entraînent de plus en plus de fermetures d’écoles, perturbant les routines et aggravant les sentiments d’isolement et de stress chez les élèves. Ces perturbations ont des effets négatifs sur le bien-être émotionnel et les résultats scolaires des élèves (UNICEF, 2023). Le développement d’infrastructures scolaires résilientes face au climat est essentiel pour protéger les élèves contre ces risques. Cela implique l’amélioration de la ventilation, la mise en place de protections contre les inondations, l’utilisation de systèmes d’énergie renouvelable et l’adoption de matériaux locaux et résilients au climat afin de garantir des environnements d’apprentissage sûrs et durables.

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© UNICEF/ECU/2021/Rivas

 

Les approches de Changement Social et Comportemental (SBC) jouent un rôle clé dans ces transformations. En favorisant la sensibilisation, l’engagement et l’acceptation des technologies d’énergie renouvelable, elles encouragent une utilisation responsable de l’énergie et garantissent un accès équitable, en particulier pour les populations vulnérables. En intégrant ces approches à des cadres politiques solides, la transition du secteur énergétique vers la durabilité s’accélère tout en donnant aux communautés les moyens d’agir.
Au-delà des actions individuelles, des changements systémiques sont cruciaux. Les stratégies de SBC doivent plaider en faveur d’incitations politiques pour les investissements dans les énergies renouvelables, de l’intégration de l’efficacité énergétique dans l’urbanisme et du développement de partenariats entre gouvernements, entreprises privées et organisations de la société civile. Mobiliser les communautés pour adopter une consommation énergétique responsable et instaurer une culture de l’efficacité est essentiel pour atteindre des objectifs de durabilité à long terme, tout en veillant à ce que les voix des communautés marginalisées soient entendues et que des mécanismes de responsabilité soient mis en place.
En définitive, les approches de SBC inspirent les individus à adopter des habitudes durables tout en favorisant une action collective à grande échelle. Ces efforts facilitent l’adoption généralisée des énergies renouvelables et des pratiques efficaces, contribuant ainsi à un système é

Exemples de mesures proposées dans le secteur de l’éducation avec une approche SBC :

  • Autonomiser les communautés et les élèves pour des actions de leadership climatique : Engager les communautés à travers des approches dédiées est essentiel pour favoriser une action climatique collective. Des programmes de leadership jeunesse devraient permettre aux élèves de co-concevoir et de mener des initiatives climatiques dans leurs écoles. Ces programmes doivent encourager les élèves à devenir des modèles et des défenseurs des pratiques durables dans leurs communautés. Des ateliers dirigés par les pairs et la création de réseaux entre écoles pour partager des stratégies réussies permettront de renforcer la résilience communautaire et de catalyser des efforts d’adaptation climatique à long terme.
  • Engager les enfants et les adolescents sur les valeurs personnelles et la citoyenneté : Dès la salle de classe, il est crucial de modifier les normes et perceptions autour du statut social et de la réussite (notamment la consommation), de transformer les attentes liées au climat et d’aborder les origines des idées profondément ancrées sur la surconsommation. Cela inclut des discussions avec les enfants et les élèves sur la publicité et le rôle des médias dans la normalisation et l’idéalisation des comportements à forte empreinte carbone, particulièrement dans les populations à revenus élevés.
  • Promouvoir une éducation participative au climat et au développement durable : L’intégration du changement climatique et du développement durable dans les programmes scolaires doit inclure des activités participatives où les élèves identifient les défis climatiques locaux et co-créent des solutions. Cela comprend l’introduction de programmes sur les énergies renouvelables (ER) pour soutenir la transition énergétique dans tous les secteurs. Les stratégies de SBC, telles que l’éducation par les pairs et les campagnes de sensibilisation familiale (y compris les hackathons), peuvent amplifier l’impact des projets scolaires comme les jardins et la surveillance environnementale, favorisant l’innovation et des changements de comportement durables en reliant l’école et la communauté élargie.
  • Préparation aux urgences climatiques : Les écoles doivent élaborer et mettre en œuvre des plans de réponse aux catastrophes climatiques, incluant des systèmes d’alerte précoce avec des protocoles clairs pour garantir la sécurité des élèves et la continuité éducative en cas d’urgence climatique. Les stratégies de SBC peuvent être intégrées en assurant la participation de tous les acteurs concernés, en formant les enseignants, le personnel et les élèves à la gestion des risques climatiques et aux tactiques de relèvement. En outre, la création de plateformes d’apprentissage à distance, soutenues par des initiatives de SBC, garantira un accès ininterrompu à l’éducation pendant les événements climatiques extrêmes, renforçant ainsi la culture de la préparation et de la résilience climatique dans les communautés scolaires.
  • Initiatives communautaires de SBC pour des infrastructures scolaires résilientes au climat : Les écoles devraient privilégier les initiatives participatives pour identifier et mettre en place des infrastructures scolaires résilientes au climat, telles que la ventilation naturelle, les toitures réfléchissantes et les systèmes de récupération des eaux de pluie. Les programmes de SBC peuvent mobiliser les élèves, les enseignants et les parents pour comprendre les avantages de ces infrastructures et co-concevoir des solutions adaptées aux défis climatiques locaux.
     
ÉNERGIE

Le changement climatique est intrinsèquement lié à la production et à la consommation d’énergie, car la combustion des combustibles fossiles pour l’électricité et le chauffage représente une part significative des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
La transition vers des économies à faible émission de carbone nécessite bien plus que des avancées technologiques : elle exige des transformations profondes des comportements individuels et collectifs. Les stratégies de gestion de la demande, telles que l’adoption de pratiques énergétiques efficaces, la réduction du gaspillage énergétique et des choix de vie durables, sont essentielles pour diminuer les émissions et alléger la pression sur les systèmes énergétiques (GIEC, 2022). 

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Les approches de Changement Social et Comportemental (SBC) jouent un rôle clé dans ces transformations. En favorisant la sensibilisation, l’engagement et l’acceptation des technologies d’énergie renouvelable, elles encouragent une utilisation responsable de l’énergie et garantissent un accès équitable, en particulier pour les populations vulnérables. En intégrant ces approches à des cadres politiques solides, la transition du secteur énergétique vers la durabilité s’accélère tout en donnant aux communautés les moyens d’agir.
Au-delà des actions individuelles, des changements systémiques sont cruciaux. Les stratégies de SBC doivent plaider en faveur d’incitations politiques pour les investissements dans les énergies renouvelables, de l’intégration de l’efficacité énergétique dans l’urbanisme et du développement de partenariats entre gouvernements, entreprises privées et organisations de la société civile. Mobiliser les communautés pour adopter une consommation énergétique responsable et instaurer une culture de l’efficacité est essentiel pour atteindre des objectifs de durabilité à long terme, tout en veillant à ce que les voix des communautés marginalisées soient entendues et que des mécanismes de responsabilité soient mis en place.
En définitive, les approches de SBC inspirent les individus à adopter des habitudes durables tout en favorisant une action collective à grande échelle. Ces efforts facilitent l’adoption généralisée des énergies renouvelables et des pratiques efficaces, contribuant ainsi à un système énergétique plus résilient, inclusif et durable (AIE, 2023).
Exemples de mesures proposées dans le secteur de l’énergie avec une approche CSC :

  •  Encourager l’adoption des énergies renouvelables : Mettre en place des campagnes de sensibilisation adaptées aux contextes locaux, mettant en avant les bénéfices économiques et environnementaux des sources d’énergie renouvelable, telles que l’énergie solaire et éolienne. Partager des études de cas réussies sur les systèmes à petite échelle dans les zones rurales et défavorisées afin d’inspirer la confiance et l’action. Organiser des démonstrations pratiques, en fournissant un accompagnement technique et financier pour aider les communautés à investir dans ces systèmes et à les entretenir.
  • Promouvoir des habitudes d’efficacité énergétique : Développer des programmes éducatifs interactifs et adaptés aux contextes culturels pour inciter les individus à adopter des pratiques d’économie d’énergie. Encourager des comportements tels que l’extinction des appareils inutilisés, l’utilisation d’appareils à faible consommation, l’optimisation des systèmes de chauffage et de refroidissement, et l’amélioration de l’isolation des habitations. Ces programmes doivent également présenter des solutions pratiques, telles que les technologies écoénergétiques, qui réduisent les émissions de carbone, font gagner du temps et favorisent des modes de vie plus sains.
  • Renforcer la résilience énergétique des communautés vulnérables : Co-concevoir des solutions énergétiques accessibles et adaptées aux ressources locales, telles que les systèmes de biogaz issus des déchets organiques ou les projets solaires communautaires. Assurer des formations complètes pour garantir une utilisation et un entretien adéquats, tout en intégrant les savoirs traditionnels afin d’accroître l’acceptation. Engager activement les jeunes dans ces initiatives pour stimuler l’innovation, le développement des compétences et un sentiment d’appropriation, garantissant ainsi une durabilité et une résilience à long terme face aux défis énergétiques locaux.
ENVIRONMENT

Restaurer et renforcer la capacité d’adaptation des écosystèmes est essentiel pour atténuer les impacts du changement climatique sur les communautés vulnérables. Ces efforts permettent de lutter contre la dégradation environnementale tout en améliorant la résilience et en favorisant un développement durable. L’intégration des stratégies de Changement Social et Comportemental (SBC) dans ces initiatives peut catalyser des changements profonds dans les attitudes et les comportements, encourageant l’action communautaire et la responsabilité collective envers la santé des écosystèmes.
La perte mondiale de biodiversité, soulignée par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), aggrave les vulnérabilités climatiques, menaçant la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et la santé publique. La dégradation des écosystèmes contribue également de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre, rendant la restauration et la gestion durable urgentes (IPBES, 2019).

environment

Les solutions basées sur la nature, telles que l’afforestation, la restauration des zones humides et la gestion durable des terres, sont identifiées par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE, 2021) comme des outils clés pour atteindre la neutralité carbone et renforcer la biodiversité. Lorsqu’elles sont associées à des mesures de CSC, comme des campagnes de reforestation dirigées par les communautés, des formations en agriculture durable et des ateliers participatifs pour améliorer la gestion environnementale locale, ces solutions deviennent encore plus efficaces.
Une approche participative est essentielle pour assurer le succès de ces interventions. Co-concevoir les initiatives avec les communautés renforce l’appropriation locale, aligne les actions avec les valeurs culturelles et les besoins économiques, et garantit des solutions pratiques qui maximisent l’impact et la résilience.
De même, la lutte contre la pollution de l’air - une menace majeure pour la santé, en particulier des enfants - nécessite d’intégrer les stratégies de SBC aux politiques visant ses principales sources : déchets, industries, feux de forêt, tempêtes de sable et de poussière, ainsi que tabagisme passif. Les interventions de SBC peuvent susciter des changements de comportement à l’échelle individuelle et collective, permettant aux communautés d’adopter des pratiques durables qui réduisent les émissions et atténuent les risques sanitaires (OMS, 2018).
L’intégration des stratégies de SBC dans les politiques environnementales permet d’autonomiser les communautés, de promouvoir des comportements durables et de renforcer la résilience. Ces approches ne se contentent pas de répondre aux défis climatiques immédiats, elles posent également les bases d’une gestion environnementale à long terme et d’un développement durable.
Exemples de mesures proposées dans le secteur de l’environnement avec une approche CSC :

  • Encourager les initiatives communautaires de conservation : Lancer et renforcer les efforts de conservation participative, tels que la reforestation dirigée par les communautés, la restauration des zones humides et la préservation des habitats. Favoriser le leadership des communautés locales en co-concevant les projets pour intégrer les valeurs culturelles, les savoirs autochtones et les besoins économiques, tout en renforçant un sentiment collectif de responsabilité et d’appropriation.
  • Lutter contre la déforestation et la dégradation des terres par des pratiques durables : Promouvoir la gestion durable des terres en soutenant des initiatives communautaires qui offrent des alternatives économiques réduisant la pression sur les forêts et les ressources naturelles. Fournir des formations et des outils pour permettre aux communautés d’adopter l’agriculture régénératrice et la foresterie durable, en soulignant les bénéfices à long terme de la restauration des terres pour l’environnement et les moyens de subsistance.
  • Réduire la pollution de l’air grâce à des solutions collaboratives : Mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation pour informer les citoyens sur les impacts de la pollution de l’air et encourager l’adoption de technologies de cuisson propres, la réduction des émissions industrielles et l’utilisation de véhicules à faibles émissions, lorsque pertinent. Mobiliser les communautés dans la création de solutions locales pour réduire la pollution de l’air, en favorisant l’action collective pour maximiser l’impact des technologies propres et des options de transport durable.
  • Renforcer la réduction des risques de catastrophe basée sur les écosystèmes : Intégrer les solutions fondées sur la nature, telles que la restauration des mangroves, la protection des zones humides et la réhabilitation des forêts, dans les plans locaux de réduction des risques de catastrophes. Former et mobiliser les communautés pour qu’elles participent activement à la restauration des écosystèmes, en les sensibilisant à l’importance de ces initiatives pour la protection de leurs habitations et l’amélioration de leur résilience face aux risques climatiques.
  • Soutenir la gestion durable de la pêche grâce à la participation locale : Encourager les pratiques de pêche durable en impliquant les pêcheurs locaux dans la création de zones marines protégées et de plans de cogestion. Organiser des ateliers participatifs et des plateformes d’échange de connaissances pour renforcer les capacités locales, promouvoir l’intégration des pratiques durables dans les activités quotidiennes et favoriser un sentiment de responsabilité collective sur les ressources marines.
  • Favoriser une réflexion collective sur notre relation avec la nature : Soutenir des processus introspectifs et des dialogues au sein de la société civile pour renouveler le respect et la relation avec la nature. Cela inclut la valorisation des visions du monde locales et nationales, des valeurs autochtones et des savoirs traditionnels pour encourager des comportements respectueux de l’environnement et ancrer la durabilité dans la culture et les pratiques sociales. 
FINANCEMENT

Le changement climatique exacerbe les vulnérabilités des enfants, des femmes et des populations marginalisées, piégeant souvent les familles dans des cycles de pauvreté et perturbant les services essentiels tels que la santé, la nutrition et l’éducation. Les preuves montrent que les femmes et les enfants sont touchés de manière disproportionnée par les chocs climatiques, les femmes et les filles représentant la majorité des personnes déplacées par les impacts du climat (ONU Femmes, 2022).
Des outils financiers accessibles, tels que les assurances adaptées au climat, les systèmes de crédit et les programmes de protection sociale, constituent des filets de sécurité essentiels pour atténuer ces effets et assurer une reprise rapide (IGC, 2023).
Pour maximiser l’efficacité de ces interventions, l’intégration des stratégies de Changement Social et Comportemental (CSC) est essentielle. En promouvant l’éducation financière, en encourageant des comportements financiers inclusifs et en sensibilisant aux avantages des outils de financement résilients au climat, les communautés peuvent mieux se préparer aux crises climatiques et y répondre efficacement. Lier ces mesures aux systèmes d’alerte précoce garantit également un accès équitable et opportun aux soutiens financiers, renforçant la résilience et protégeant le bien-être des enfants (PNUE, n.d.).
Exemples de mesures proposées dans le secteur du financement avec une approche CSC :

  • Ciblage des initiatives de protection financière et sociale : Collaborer avec les communautés pour s’assurer que les groupes les plus marginalisés et défavorisés sont bien identifiés, impliqués dans les mécanismes de retour d’information et de redevabilité, et bénéficient d’opportunités adaptées à leurs besoins.
  • Autonomisation financière des communautés vulnérables : Mettre en place des programmes de formation ciblés pour les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés afin de leur permettre de gérer des outils financiers adaptés au climat, tels que les assurances et les microcrédits.
  • Encouragement à l’adoption d’assurances résilientes au climat : Plaider pour l’utilisation et l’extension des instruments de financement des risques climatiques et de catastrophes, comme les assurances, afin de renforcer les filets de sécurité des communautés vulnérables et d’assurer un accès rapide à l’aide financière en cas de besoin.
  • Amélioration de l’accessibilité aux mécanismes de protection sociale : Utiliser des plateformes mobiles pour diffuser des informations sur les aides disponibles, telles que les allocations chômage, les pensions d’invalidité ou les transferts monétaires d’urgence, afin d’élargir l’accès aux populations à risque.
  • Intégration des outils financiers dans la préparation aux urgences : Associer l’éducation financière aux systèmes d’alerte précoce pour encourager des actions opportunes, comme le retrait d’épargnes ou la demande de prêts avant qu’une catastrophe ne survienne.
  • Promotion de comportements financiers inclusifs : Organiser des dialogues communautaires pour identifier et lever les barrières culturelles ou sociales à la participation des femmes et des groupes marginalisés aux systèmes financiers.
  • Renforcement des systèmes de protection sociale pour la résilience climatique : Relier les mécanismes financiers aux systèmes d’alerte précoce afin d’assurer un soutien rapide aux familles touchées par les catastrophes climatiques. Plaider pour une collaboration entre les gouvernements et le secteur privé afin d’élargir le financement des programmes de protection sociale intégrés qui tiennent compte des impacts climatiques sur les groupes vulnérables.
SANTÉ

Le changement climatique constitue une menace croissante pour la santé et la nutrition, affectant de manière disproportionnée les groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants, les minorités ethniques, les communautés défavorisées, les migrants ou personnes déplacées, les populations âgées et les individus souffrant de malnutrition ou de problèmes de santé préexistants. Les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses, aggravent les risques sanitaires tels que les maladies respiratoires, la malnutrition et les maladies à transmission vectorielle (OMS, 2023).

Health
© UNICEF/UNI702 

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le changement climatique devrait entraîner 250 000 décès supplémentaires chaque année entre 2030 et 2050 en raison de la malnutrition, du paludisme, de la diarrhée et du stress thermique (OMS, 2023).
Pour relever ces défis efficacement, les systèmes de santé doivent intégrer des infrastructures résilientes au climat tout en encourageant des comportements protecteurs parmi la population générale et les professionnels de santé. Si des infrastructures résilientes garantissent le fonctionnement des services essentiels en cas d’urgence, elles ne suffisent pas à elles seules. Encourager les pratiques préventives, renforcer la préparation aux urgences et promouvoir des habitudes quotidiennes qui atténuent les risques pour la santé et la nutrition sont tout aussi essentiels pour réduire les effets néfastes du changement climatique sur la santé publique et la nutrition (OMS, 2023).
Les stratégies de Changement Social et Comportemental (SBC) jouent un rôle clé dans le renforcement des réponses du secteur de la santé face au changement climatique. En mettant l’accent sur le changement de comportement à travers des campagnes de sensibilisation, des programmes de formation ciblés et l'engagement communautaire, les approches de SBC peuvent améliorer la santé publique et la nutrition, renforcer la résilience des communautés et assurer une meilleure préparation aux urgences climatiques (USAID, 2020).
Exemples de mesures proposées dans le secteur de la santé avec une approche SBC :

  • Sensibilisation aux risques et adaptation des pratiques : Soutenir le développement de programmes contextualisés, culturellement sensibles et efficaces pour engager les communautés sur les dangers environnementaux affectant les enfants et leurs familles (exposition au plomb, pollution de l'air, déchets, etc.). Ces programmes doivent fournir des recommandations comportementales réalistes et concrètes aux aidants et aux membres de la communauté, leur permettant d’adopter des mesures pratiques pour se protéger et réduire leur exposition aux risques environnementaux.
  • Protection contre les événements météorologiques extrêmes : Lancer des campagnes de sensibilisation pour informer les communautés sur les moyens de se protéger contre les impacts des événements météorologiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les tempêtes, sur la santé et la nutrition. Ces campagnes doivent utiliser les médias locaux, les réseaux communautaires et les leaders d’opinion pour garantir un accès large et culturellement pertinent aux informations.
  • Pratiques d’hygiène adaptées au climat : Promouvoir des pratiques d’hygiène adaptées aux réalités climatiques dans les communautés touchées par la rareté ou la contamination de l’eau. Les stratégies SBC peuvent mettre l’accent sur le lavage des mains fréquent, l'utilisation de méthodes de purification de l’eau comme les filtres ou les comprimés de chlore, ainsi que sur l’adoption de bonnes pratiques d’assainissement pour réduire les risques de maladies hydriques. Ces interventions doivent être adaptées aux contextes locaux afin d’être réalisables et acceptées par les communautés.
  • Formation des professionnels de santé : Offrir des formations aux professionnels de santé et aux agents communautaires en santé et nutrition pour renforcer leur capacité à répondre aux risques sanitaires et nutritionnels liés au climat et à interagir efficacement avec les communautés affectées. Il est essentiel de les doter de connaissances sur l’adaptation des pratiques, l'amélioration de la détection précoce et la fourniture de soins appropriés lors d’urgences sanitaires et nutritionnelles liées au climat, y compris à travers l’écoute active et une communication interpersonnelle efficace.
  • Participation communautaire aux urgences sanitaires et nutritionnelles : Renforcer la résilience sociale en favorisant la préparation et la réponse aux catastrophes dirigées par les communautés. Cela peut se faire en organisant des exercices de simulation en santé et nutrition, en établissant des comités de santé locaux et en impliquant les membres de la communauté dans la planification des situations d’urgence. Une telle participation permet aux communautés d’être mieux préparées face aux crises sanitaires et nutritionnelles induites par le climat et favorise l’action collective.
  • Pratiques nutritionnelles résilientes face au climat : Promouvoir des pratiques, des comportements et des normes sociales positifs qui améliorent la nutrition des enfants et réduisent leur vulnérabilité aux effets du changement climatique. Cela inclut la promotion de la consommation d’aliments nutritifs et résilients au climat, ainsi que la réduction de la demande pour des aliments à forte empreinte carbone, notamment les aliments ultra-transformés, en fonction des spécificités du contexte local.
  • Intégration de la résilience climatique dans les programmes de santé maternelle et infantile : Incorporer la résilience climatique dans les services de santé maternelle et infantile en formant les professionnels de santé à identifier et à traiter les problèmes de santé sensibles au climat, en particulier ceux affectant les femmes enceintes et les jeunes enfants. Ces interventions doivent se concentrer sur la prévention du stress thermique, des maladies hydriques et de la malnutrition, ainsi que sur la promotion de pratiques de santé adaptées qui protègent les populations les plus vulnérables. L’approche SBC peut améliorer la qualité de ces formations en dotant les agents de santé non seulement de connaissances, mais aussi en favorisant un véritable changement de comportement.
INDUSTRIE

Le secteur industriel est un contributeur majeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, représentant près de 25 % des émissions mondiales de CO₂ (AIE, 2021). Décarboner les processus industriels nécessite non seulement une innovation technologique, mais aussi des changements de politique aux niveaux national et infra-national, ainsi que des transformations comportementales à plusieurs niveaux, y compris au sein des directions d'entreprises, des employés et des acteurs des chaînes d'approvisionnement. Ces changements doivent être stratégiquement orientés par des approches SBC afin d'assurer l’adoption et la pérennité des pratiques résilientes au climat.

industry
© UNICEF/UNI520728/Ahmed

 

Les activités industrielles non seulement accélèrent le changement climatique, mais posent également des risques sanitaires importants pour les populations vulnérables, en particulier les enfants. Les processus basés sur les combustibles fossiles sont des contributeurs majeurs à la pollution de l'air, aggravant les maladies respiratoires telles que la pneumonie et les affections à long terme comme le cancer infantile et la leucémie. Les industries mal régulées situées à proximité de zones résidentielles exposent les enfants à des niveaux de pollution dangereux, rendant urgente l’application renforcée des normes d’émissions et une planification industrielle centrée sur l’enfant (OMS, 2021). Ces stratégies doivent être complétées par des mesures SBC visant à sensibiliser aux risques industriels, à encourager les changements de comportements aux niveaux communautaire et organisationnel et à créer des mécanismes favorisant le plaidoyer communautaire, la participation et la redevabilité.
De plus, la transition vers des sources d'énergie plus propres peut réduire considérablement les émissions industrielles, améliorant ainsi la qualité de l'air et protégeant la santé des enfants. Les stratégies SBC peuvent faciliter cette transition en impliquant les industries, les gouvernements et les communautés dans la co-conception de solutions alignées sur les objectifs climatiques nationaux.
Exemples de mesures proposées dans le secteur industriel avec une approche SBC :

  • Promouvoir des pratiques écoénergétiques : Développer des campagnes de sensibilisation sur les avantages financiers et environnementaux de l’efficacité énergétique dans les opérations industrielles. Mettre en avant l’impact positif sur la santé des enfants en réduisant la pollution de l’air et en améliorant sa qualité.
  • Réduction des déchets et pratiques d’économie circulaire : Mettre en place des programmes d’incitation communautaires pour réduire les déchets de production et promouvoir les principes de l’économie circulaire. Récompenser les équipes industrielles atteignant des objectifs de zéro déchet et impliquer les communautés locales dans la valorisation de ces réussites. Ces initiatives doivent être co-conçues avec les membres de la communauté pour garantir leur pertinence locale, en renforçant les liens entre l’industrie, l’environnement et le bien-être des enfants.
  • Adopter des technologies plus propres : Organiser des forums participatifs et des ateliers réunissant les dirigeants industriels, les communautés locales et les parties prenantes pour co-concevoir et mettre en œuvre des technologies de production plus propres. Ces forums doivent favoriser le partage de connaissances sur les technologies à faibles émissions et à haute efficacité énergétique, tout en renforçant la confiance et les capacités des industries locales à adopter ces solutions. Assurer l’inclusion des voix communautaires dans le processus de décision, en particulier dans les zones où les enfants sont les plus exposés aux pratiques industrielles. Mettre en place des mécanismes de redevabilité pour que les acteurs industriels rendent compte de leurs engagements.
  • Favoriser une culture de durabilité : Développer et partager des témoignages inspirants montrant comment les pratiques industrielles durables bénéficient aux communautés et à l’environnement. Utiliser des récits concrets pour démontrer les avantages à long terme de l’efficacité énergétique, de la réduction des déchets et des technologies propres. Mettre en avant les entreprises ayant réalisé des améliorations environnementales significatives et montrer comment ces pratiques protègent la santé des enfants tout en favorisant le développement durable.
  • Sensibiliser aux impacts de l’industrie sur la santé des enfants : Lancer des campagnes de communication ciblées sur les risques sanitaires liés à la pollution industrielle, en particulier pour les enfants. Informer sur la manière dont les polluants industriels contribuent aux maladies respiratoires, aux troubles du développement et aux risques sanitaires à long terme chez les enfants. Collaborer avec les écoles et les organisations locales pour plaider en faveur d’une application plus stricte des réglementations environnementales, afin que les industries prennent des mesures proactives pour protéger la santé des enfants.
  • Renforcer la collaboration entre les parties prenantes : Établir des partenariats solides et multisectoriels entre les communautés locales, les acteurs industriels et les ONG pour co-créer des stratégies durables de gestion des ressources. Ces partenariats doivent viser à protéger la santé des enfants tout en favorisant des pratiques industrielles durables. Travailler ensemble pour développer et mettre en œuvre des initiatives conciliant durabilité environnementale et équité sociale, garantissant ainsi aux générations futures un monde plus sain et plus durable.
  • Soutenir l’élaboration de politiques et stratégies informées par le SBC : Utiliser les approches SBC pour influencer les politiques industrielles, les réglementations environnementales et les stratégies de durabilité des entreprises en mettant l’accent sur la gestion durable des ressources et la réduction de la pollution.
     
TRANSPORTS

Le secteur des transports est un contributeur majeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, représentant environ 23 % des émissions de CO₂ issues de la combustion des carburants (GIEC, 2022). Sa dépendance aux combustibles fossiles, l’étalement urbain et l’inefficacité des systèmes de transport aggravent la pollution de l’air et accélèrent le changement climatique. Réduire ces émissions est essentiel pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, améliorer la santé publique et protéger les populations vulnérables, en particulier les enfants.
Les stratégies de changement social et comportemental (SBC) sont essentielles pour transformer le secteur des transports. Les données suggèrent que les interventions axées sur la demande, qui visent à modifier les modes de vie et les normes sociales, pourraient réduire les émissions mondiales de 40 à 70 % d’ici 2050 (GIEC, 2022). Ces stratégies encouragent des pratiques de mobilité durable, telles que l’utilisation accrue des transports en commun, du vélo et de la marche, tout en réduisant la dépendance aux véhicules privés – dans les contextes où ces changements sont possibles et pertinents, notamment les populations urbaines et aisées.

A child riding a bike

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Les interventions SBC complètent les avancées technologiques en levant les obstacles à l’adoption de solutions de mobilité bas carbone. Par exemple, les efforts SBC peuvent faciliter l’adoption des véhicules électriques en sensibilisant aux avantages environnementaux et économiques de ces derniers, en informant les communautés sur l’infrastructure de recharge disponible et en renforçant la confiance dans ces modes de transport innovants.
 Réduire les émissions des systèmes de transport est également essentiel pour protéger les populations vulnérables, en particulier les enfants, qui sont fortement affectés par la pollution de l’air. Une exposition prolongée aux polluants issus du transport augmente les risques de maladies respiratoires, de retards de développement et de problèmes de santé à long terme (OMS, 2021). Les stratégies SBC peuvent garantir que toutes les communautés aient un accès équitable à des systèmes de transport plus propres, plus sûrs et plus efficaces, tout en favorisant une culture de responsabilité environnementale et de mobilité durable.
Exemples de mesures proposées dans le secteur des transports avec une approche SBC :

  • Promouvoir des pratiques de transport public durable : Lancer des campagnes communautaires pour sensibiliser aux avantages économiques, environnementaux et sanitaires des transports en commun. Impliquer les parties prenantes locales pour co-concevoir des solutions de transport adaptées aux réalités culturelles et aux besoins des communautés.
  • Encourager la mobilité active par l’engagement communautaire : Mettre en place des initiatives locales visant à promouvoir la marche et le vélo comme modes de transport écologiques et bénéfiques pour la santé en milieu urbain. Créer des mécanismes permettant aux citoyens de participer à la conception d’infrastructures adaptées, telles que des pistes cyclables et des voies piétonnes.
  • Soutenir l’adoption des véhicules électriques : Mener des campagnes pour dissiper les idées reçues sur les coûts et les bénéfices des véhicules électriques. Collaborer avec les gouvernements locaux et les entreprises privées pour étendre les infrastructures de recharge et proposer des incitations encourageant l’adoption des véhicules électriques.
  • Intégrer la mobilité durable dans les écoles et les lieux de travail : Mettre en place des programmes éducatifs dans les écoles pour sensibiliser les élèves aux bienfaits environnementaux et sanitaires du transport durable. Travailler avec les employeurs pour instaurer des politiques de "trajet vert" encourageant les employés à adopter des modes de déplacement écologiques.
  • Sensibiliser aux impacts du transport sur la santé des enfants : Lancer des campagnes mettant en lumière les effets négatifs de la pollution des transports sur la santé des enfants. Collaborer avec les écoles et les organisations communautaires pour promouvoir des options de transport plus propres et plus sûres, et impliquer les communautés locales dans le suivi et la réduction de la pollution atmosphérique. Les stratégies SBC peuvent également appuyer le plaidoyer en faveur de politiques de transport plus respectueuses de l’environnement et protectrices de la santé infantile.
     
RESSOURCES EN EAU ET ASSAINISSEMENT

Les ressources en eau et l'assainissement sont des secteurs critiques fortement impactés par le changement climatique. La hausse des températures mondiales et les modifications des régimes de précipitations entraînent une pénurie d'eau, des inondations et une détérioration de la qualité de l'eau. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prévoit que la variabilité climatique intensifiera le stress hydrique dans de nombreuses régions, affectant de manière disproportionnée les populations vulnérables, en particulier les enfants (GIEC, 2022).
Les approches de Changement Social et de Comportement (SBC) sont essentielles pour traiter les facteurs humains à l'origine des défis liés à l'eau et à l'assainissement. Les interventions axées sur le comportement jouent un rôle clé dans la promotion de la conservation de l'eau, l’encouragement de pratiques d'assainissement durables et le renforcement des comportements d’hygiène résilients face au climat. Par exemple, les initiatives communautaires de conservation de l'eau, soutenues par des campagnes éducatives participatives, peuvent sensibiliser à la nécessité de protéger les ressources en eau et renforcer l'appropriation des solutions. De même, les stratégies de SBC peuvent favoriser l'adoption de systèmes d'assainissement écologiques et de pratiques d'hygiène durables, en particulier dans les régions vulnérables aux défis hydriques induits par le climat (USAID, 2022).

Water
© UNICEF/ECU/2024/Terán


Le GIEC souligne que les changements de comportement aux niveaux domestique et communautaire – tels que l'amélioration des pratiques d'hygiène, la réduction du gaspillage d'eau et l’adoption de comportements d’assainissement durables – sont essentiels pour s’adapter aux impacts du changement climatique sur les ressources en eau (GIEC, 2022). De plus, les stratégies de SBC peuvent aider à surmonter les obstacles à l’adoption de technologies économes en eau et d'infrastructures d'assainissement durables en engageant les communautés dans des solutions adaptées aux contextes culturels et locaux.
L'UNICEF met en avant l'importance d'intégrer les stratégies de SBC dans les programmes d'eau et d'assainissement pour protéger les enfants des effets néfastes du changement climatique. En promouvant des pratiques durables de gestion de l'eau et en améliorant les comportements en matière d'assainissement, les interventions de SBC peuvent contribuer à réduire la propagation des maladies d'origine hydrique et à améliorer les résultats sanitaires des populations vulnérables, en particulier les enfants (UNICEF, 2024).
Exemples de mesures proposées dans le secteur des ressources en eau et de l'assainissement avec une approche SBC :

  • Promouvoir l’action et la responsabilité gouvernementales : Créer des mécanismes de retour d'information et de responsabilité sociale visant à garantir que les devoirs du gouvernement soient remplis, en particulier envers les populations mal desservies, telles que les populations urbaines pauvres, les communautés rurales, les femmes et les enfants.
  • Engagement communautaire pour la conservation de l'eau : Favoriser une participation communautaire active à travers des ateliers et des dialogues pour co-concevoir des pratiques de conservation de l’eau et d'assainissement adaptées, abordables et durables. Cette approche garantit que les solutions sont culturellement pertinentes, spécifiques au contexte et qu'elles favorisent l’appropriation par les communautés, assurant ainsi un impact à long terme. L'intégration d'approches de gestion des bassins versants peut également contribuer à préserver la disponibilité des ressources en eau et promouvoir des solutions basées sur les écosystèmes.
  • Promotion des technologies économes en eau et des infrastructures durables : Encourager l'adoption de technologies résilientes au climat et de systèmes d'assainissement écologiques grâce à la conception participative, à la communication ciblée et à des initiatives de renforcement des capacités. Ces efforts visent à renforcer les connaissances locales, développer les compétences techniques et favoriser la mise en œuvre généralisée de technologies durables adaptées aux besoins des communautés et aux défis environnementaux. Il est également crucial de renforcer les chaînes d'approvisionnement locales et les systèmes de prestation de services pour garantir la pérennité et l’accessibilité de ces technologies.
  • Mise en œuvre de l’Assainissement Total Piloté par la Communauté (CLTS) : Déployer des programmes de CLTS pour éliminer la défécation à l’air libre et garantir un assainissement résilient au climat. En engageant tous les membres de la communauté, ces programmes instaurent un sentiment de responsabilité collective et d’appropriation, augmentant ainsi la probabilité d'améliorations durables en matière d'hygiène et d'infrastructures sanitaires. L'utilisation d’évaluations des risques climatiques permettra d’orienter les interventions spécifiques. Le CLTS peut être une intervention efficace, mais elle nécessite des systèmes gouvernementaux solides pour fonctionner.
  • Promotion de l'hygiène : Concevoir et mettre en œuvre des campagnes communautaires axées sur la promotion des comportements clés en matière d'hygiène, tels que le lavage des mains avec du savon, la conservation de l'eau et les pratiques d'assainissement durable. Ces campagnes doivent être soigneusement élaborées pour modifier les attitudes et comportements, entraînant des améliorations durables en matière d'hygiène et d'assainissement au sein des communautés et des institutions, telles que les écoles et les établissements de santé. Travailler avec les communautés pour identifier les obstacles à l’adoption de ces comportements et collaborer avec les partenaires de développement pour lever ces barrières.
  • Instaurer une culture de durabilité à travers l’éducation WASH : Intégrer la conservation de l'eau, l'hygiène et la gestion durable des ressources dans les programmes scolaires afin d'inculquer les valeurs de durabilité dès le plus jeune âge. En sensibilisant et en formant les enfants à ces enjeux, cette approche permet de former une génération de leaders capables d’influencer leurs familles, leurs communautés et les générations futures vers des comportements plus durables en matière d’eau et d'assainissement.
PLANIFICATION URBAINE ET VILLES    

Les zones urbaines jouent un rôle de plus en plus central dans la lutte contre le changement climatique et la promotion du développement durable. À mesure que les villes s’agrandissent, elles font face à de nombreux défis, notamment des émissions élevées de gaz à effet de serre, la pollution de l’air et une vulnérabilité accrue aux catastrophes climatiques telles que les inondations, les vagues de chaleur et les tempêtes. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 2022), les zones urbaines sont principalement affectées par les transports, les activités industrielles et des infrastructures inefficaces. De plus, la croissance rapide des villes exerce une pression immense sur les services essentiels comme l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), rendant la planification urbaine stratégique et les approches participatives indispensables pour atténuer ces risques.
Les stratégies de Changement Social et de Comportement (SBC), qui s’appuient sur l’implication des habitants des villes et l’influence des comportements individuels et collectifs, sont des outils clés pour créer des environnements urbains résilients, durables et équitables. Par exemple, ces stratégies peuvent encourager la réduction de la dépendance à la voiture en promouvant la marche, le vélo ou l’utilisation des transports en commun. Ces comportements permettent non seulement de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air, mais aussi d’améliorer la santé physique et le bien-être (C40 Cities, 2022). 

Urban planning

© UNICEF/UN0572569/Hieroglyph


 Par ailleurs, la promotion de la création et de l’entretien des espaces verts urbains permet de répondre simultanément à plusieurs défis. Ces espaces aident à atténuer les îlots de chaleur urbaine, à renforcer la biodiversité et à améliorer la santé mentale et physique. Une étude des National Institutes of Health (NIH, 2024) a révélé que les enfants vivant dans des zones riches en espaces verts présentaient des niveaux d’anxiété et de dépression plus faibles, soulignant ainsi le rôle des solutions basées sur la nature pour favoriser des communautés urbaines en meilleure santé. Des initiatives telles que la plantation d’arbres d’ombrage, la construction de toits végétalisés et l’aménagement d’espaces publics ombragés peuvent contribuer à atténuer les effets de la hausse des températures tout en renforçant la participation communautaire et le changement de comportement à long terme.
De même, les stratégies de SBC peuvent soutenir des pratiques de gestion durable des inondations, comme la collecte des eaux de pluie, l’installation de revêtements perméables et le développement d’infrastructures résilientes. Ces mesures permettent aux villes de mieux s’adapter aux événements climatiques extrêmes tout en garantissant des espaces urbains plus sûrs et plus équitables (GIEC, 2022).
Exemples de mesures proposées dans le secteur de la planification urbaine et des villes avec une approche CSC :

  • Développement et entretien communautaire des espaces verts : Impliquer activement les communautés locales dans la création, la conception et la gestion continue des espaces verts urbains, tels que les parcs, les jardins urbains et les toits végétalisés. Cette approche favorise un sentiment d’appropriation, garantit une implication durable et assure la viabilité à long terme de ces espaces, renforçant ainsi l’écosystème urbain global. L’accent doit être mis sur les quartiers défavorisés.
  • Encourager la mobilité durable : Promouvoir la marche, le vélo et l'utilisation des transports en commun là où cela est possible, grâce à des interventions axées sur le comportement qui mettent en avant les avantages environnementaux, économiques et sanitaires. Cela permet de réduire la dépendance aux véhicules privés, d’atténuer la congestion routière et d’encourager des modes de vie plus sains, contribuant ainsi à la diminution des émissions de gaz à effet de serre et à un système de transport urbain plus durable.
  • Refroidissement urbain grâce aux infrastructures vertes : Sensibiliser et encourager la mise en place de solutions d’infrastructure verte, telles que la plantation d’arbres, les toits végétalisés et les zones ombragées, qui aident à réduire l’effet d’îlot de chaleur urbaine. Cela peut être soutenu par des projets communautaires, par exemple en travaillant avec des jeunes issus de quartiers défavorisés. Ces actions permettent de rafraîchir les espaces urbains, d’améliorer la qualité de l’air, de réduire la consommation d’énergie et d’améliorer la santé publique, en particulier pour les populations vulnérables.
  • Gestion de l’eau et résilience face aux inondations : Promouvoir des pratiques durables de gestion de l’eau, telles que la collecte des eaux de pluie, les revêtements perméables et la restauration des zones humides. Grâce aux stratégies de CSC visant à encourager des comportements positifs, ces pratiques peuvent renforcer la conservation de l’eau, réduire les risques d’inondation et contribuer à la résilience urbaine à long terme face aux événements climatiques extrêmes.
  • Infrastructures urbaines inclusives et résilientes au climat : Impliquer divers groupes communautaires, en particulier les populations marginalisées, dans la co-conception et la mise en œuvre d’infrastructures résilientes au climat. Cette approche garantit que les infrastructures sont adaptables, équitables et répondent aux besoins de tous les habitants des villes, renforçant ainsi la résilience urbaine globale.
  • Systèmes de gestion des déchets circulaires et de recyclage : Renforcer les initiatives communautaires de recyclage qui soutiennent une économie circulaire. L’accent doit être mis sur la réduction des déchets, la réutilisation des matériaux et la promotion de pratiques de consommation responsable. Les stratégies de CSC peuvent encourager l’adoption généralisée du tri des déchets et du recyclage, modifiant ainsi les attitudes en faveur d’une gestion plus durable des déchets et réduisant les impacts environnementaux.
    Soutenir l’action des décideurs : Mettre en place des mécanismes de responsabilisation sociale impliquant les citoyens, notamment ceux issus des quartiers informels, afin de pousser les gouvernements municipaux à agir en faveur de solutions urbaines durables et inclusives.
     
GESTION DES DÉCHETS  

Une gestion inadéquate des déchets solides contribue de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre, en particulier au méthane issu de la décomposition des déchets organiques dans les décharges. De plus, l’incinération à ciel ouvert et l’élimination incontrôlée des déchets contaminent l’air, le sol et l’eau, affectant de manière disproportionnée la santé des enfants et des communautés vulnérables (PNUE, 2021 ; EPA, 2021). Ces pratiques aggravent non seulement la dégradation de l’environnement, mais posent également de sérieux risques pour la santé publique, soulignant ainsi l’urgence de mettre en place des solutions durables de gestion des déchets.
Les approches de changement social et comportemental (SBC) sont essentielles pour relever ces défis, car elles favorisent des pratiques de gestion durable des déchets, y compris la réduction des déchets, leur réutilisation et leur recyclage. En encourageant le changement de comportement individuel et collectif, les approches SBC permettent de réduire la production de déchets et de promouvoir la valorisation des ressources, créant ainsi des systèmes plus durables et minimisant les impacts environnementaux (GPSC, 2023).

waste management
© UNICEF/ECU/2022/Nega

 

De plus, l’engagement des communautés locales garantit que les solutions mises en place sont à la fois durables et culturellement adaptées, renforçant leur adoption à long terme et leur efficacité. La co-conception d’initiatives avec ces communautés permet d’intégrer les savoirs locaux et les pratiques traditionnelles, renforçant ainsi le sentiment d’appropriation et d’engagement en faveur d’une gestion durable des déchets.
Les approches SBC sont particulièrement cruciales dans les quartiers informels et les zones urbaines à faible revenu, où l’absence de services adéquats de gestion des déchets exacerbe les risques environnementaux et sanitaires. Dans ces contextes, des interventions ciblées – telles que l’éducation communautaire, les incitations financières et les plans d’action locaux participatifs – peuvent encourager le tri des déchets, le compostage et le recyclage. Ces efforts permettent de réduire les risques sanitaires environnementaux tout en favorisant des conditions de vie plus propres et plus saines (Allied Waste Solutions, 2024).

Exemples de mesures proposées dans le secteur de la gestion des déchets avec une approche SBC :

  • Promouvoir l’action et la responsabilité gouvernementale : Mettre en place des mécanismes de retour d’information et de responsabilité sociale afin de garantir que les devoirs des gouvernements soient remplis, en particulier envers les populations mal desservies comme les habitants des quartiers pauvres.
  • Favoriser la participation communautaire au tri des déchets : Lancer des campagnes interactives et des initiatives éducatives pour apprendre aux ménages, aux écoles et aux entreprises à trier les déchets en catégories organiques, recyclables et non recyclables. Intégrer des ateliers pratiques, des outils de suivi communautaire et des mécanismes de retour d’information pour assurer une adoption durable. Prendre en compte l’efficacité des systèmes de recyclage après la collecte des déchets.
  • Autonomiser les communautés grâce au compostage domestique et de quartier : Mettre en place des formations adaptées et des démonstrations participatives pour enseigner des méthodes de compostage efficaces. Compléter ces efforts par des systèmes d’incitation communautaires, tels que des programmes de reconnaissance ou des subventions pour les pratiques durables.
  • Intégrer les recycleurs informels dans des systèmes de recyclage inclusifs : Développer des programmes de formalisation du rôle des recycleurs informels en leur fournissant des formations, des équipements de protection et des outils financiers pour soutenir les petites entreprises. Utiliser des dialogues communautaires et des campagnes de sensibilisation pour améliorer la reconnaissance sociale de leur travail.
  • Action collective pour réduire les plastiques à usage unique : Plaider en faveur de politiques limitant les plastiques jetables et concevoir des campagnes publiques promouvant des alternatives comme les sacs réutilisables ou les emballages biodégradables. Inclure des défis communautaires et des engagements publics pour encourager les investissements des gouvernements, l’action collective et le suivi des progrès dans la réduction des déchets plastiques.
  • Intégrer les savoirs locaux dans les solutions d’économie circulaire : Collaborer avec les communautés locales pour co-créer des initiatives qui intègrent les pratiques traditionnelles de réutilisation des matériaux. Organiser des foires communautaires et des plateformes d’échange de connaissances pour combiner différentes approches de gestion des déchets.
  • Promouvoir la consommation responsable et l’efficacité des ressources : Animer des ateliers interactifs et des campagnes de sensibilisation sur les habitudes de consommation durable. Mettre en avant des témoignages inspirants et impliquer des leaders communautaires pour encourager une adoption à grande échelle.
  • Impliquer les enfants dans les écoles en tant qu’agents du changement : Intégrer l’éducation à la gestion des déchets dans les programmes scolaires pour sensibiliser les enfants au recyclage, au compostage et à la réduction des déchets, les encourageant ainsi à influencer leurs communautés.
  • Encourager l’adoption des technologies de valorisation des déchets en énergie : Organiser des ateliers participatifs, partager des histoires de réussite locales et réaliser des démonstrations pratiques pour présenter des technologies comme les biodigesteurs. Mettre en avant les bénéfices concrets de la réduction des déchets, de la production de biogaz et de la fabrication d’engrais organiques pour obtenir l’adhésion des communautés.
RÉFÉRENCES

  • Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). (2022). Climate change 2022: Mitigation of climate change. Contribution of Working Group III to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [P.R. Shukla, J. Skea, R. Slade, A. Al Khourdajie, R. van Diemen, D. McCollum, M. Pathak, S. Some, P. Vyas, R. Fradera, M. Belkacemi, A. Hasija, G. Lisboa, S. Luz, J. Malley (Eds.)]. Cambridge University Press. Retrieved from https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg3/
  • International Energy Agency (IEA). (2023). Behavioural changes. Recuperado de https://www.iea.org/energy-system/energy-efficiency-and-demand/behavioural-changes

  • Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). (2022). Climate change 2022: Mitigation of climate change. Contribution of Working Group III to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [P.R. Shukla, J. Skea, R. Slade, A. Al Khourdajie, R. van Diemen, D. McCollum, M. Pathak, S. Some, P. Vyas, R. Fradera, M. Belkacemi, A. Hasija, G. Lisboa, S. Luz, J. Malley (Eds.)]. Cambridge University Press. Retrieved from https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg3/
  • World Health Organization (WHO). (2021). Air pollution and child health: Prescribing clean air. Retrieved from https://www.who.int/publications/i/item/air-pollution-and-child-health

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